Certains films nous divertissent. D’autres viennent toucher quelque chose de beaucoup plus profond en nous. Je n’ai pas l’habitude de commenter des films aussi longuement. Mais ce film Je m’appelle Agneta m’a sincèrement émue. Et cela pour différentes raisons.
Pour des raisons personnelles, parce qu’il arrive à un moment où la vie me bouscule un peu. Pour des raisons professionnelles, parce qu’il représente de façon très sensible et profondément humaine l’accompagnement que je veux offrir à mes clients.
Sous une apparente légèreté et une atmosphère « feel good », ce film aborde avec finesse des thèmes universels : perte de soi, quête de sens, poids des attentes sociales, besoin de liberté intérieure, courage d’assumer pleinement qui l’on est dans un contexte de transition de vie.
En tant que coach spécialisée dans les transitions personnelles, professionnelles et l’expatriation, ce film m’a particulièrement touchée. Il illustre avec beaucoup de justesse ce que vivent de nombreuses personnes que j’accompagne : cette sensation diffuse de s’être oubliées au fil des années.
Quand on a passé sa vie à répondre aux attentes des autres
Agneta est une femme de 49 ans qui semble avoir longtemps vécu « comme il fallait ». En répondant aux attentes des autres, en « tenant son rôle », celui qu’on attendait d’elle. En prenant soin des autres avant de penser à elle-même.
Et comme beaucoup de personnes, elle s’est progressivement adaptée :
- à son environnement,
- à son couple,
- à son éducation,
- à son histoire,
- aux attentes implicites des ses proches et de la société.
Elle s’est tellement adaptée qu’elle a fini parfois par ne plus savoir ce qu’elle aime profondément, ce qui la fait vibrer ou ce qu’elle souhaite réellement pour elle-même. Elle finit même se cacher dans des polaires ternes. Mais une petite voix parle au fond d’elle et c’est derrière la porte de sa chambre qu’elle s’autorise, un peu, à laisser remonter ce à quoi elle aspire.
Cette réalité combien sommes-nous à la vivre ? Plus ou moins inconsciemment ? Et c’est quand la vie nous rattrape, quand on vit une transition, qu’elle devient plus apparente.
Beaucoup de personnes arrivent à un moment ou un autre, où alors que tout semble fonctionner à l’extérieur, quelque chose ne résonne plus intérieurement. Elles ressentent quelque part :
- une fatigue émotionnelle,
- une perte de motivation,
- une impression de vide,
- un besoin de changement difficile à expliquer,
- ou encore la sensation d’être en décalage avec leur propre vie.
Comme si elles s’étaient éloignées d’elles-mêmes au fil du temps pour se conformer à ce que la société ou leurs proches semblent attendre.
L’expatriation : une déstabilisation… mais aussi une opportunité de transformation
Le film montre également quelque chose de très juste : parfois, c’est loin de son environnement habituel que l’on commence réellement à se découvrir.
L’expatriation agit souvent comme un révélateur.
En quittant ses repères habituels, certaines personnes osent enfin expérimenter une autre manière d’être au monde. Loin des regards familiers, des habitudes sociales ou culturelles et des rôles dans lesquels elles se sentaient enfermées.
En effet, même si elle peut être déstabilisante, l’expatriation ouvre aussi un espace immense. C’est un moment choisi et privilégié pour :
- questionner son identité loin du regard de son cercle habituel,
- redéfinir ses priorités dans un monde différent, où personne n’attend rien de nous,
- repenser sa place dans un cadre vierge où tout est à réinventer avec de nouveaux repères,
- sortir de certains conditionnements familiaux, amicaux, sociaux,
- se reconnecter à des parts de soi longtemps mises de côté pour se conformer à ce que l’on attendait de nous.
C’est ce que découvre progressivement Agneta dans ce nouvel environnement, très éloigné de son cadre habituel : une version d’elle-même plus libre, plus spontanée, plus authentique.
Et ce cheminement résonne profondément avec de nombreux parcours d’expatriés. Car derrière l’image parfois idéalisée de l’expatriation, il existe souvent des remises en question identitaires profondes liées à :
- une perte de repères,
- un isolement,
- une perte de statut professionnel,
- une difficulté à retrouver sa place,
- un questionnement sur le sens de sa vie.
Car il ne faut pas oublier que les périodes de transition peuvent aussi devenir de véritables opportunités de réalignement personnel.
Oser devenir soi-même implique parfois des pertes
L’un des aspects les plus touchants du film est qu’il ne présente pas le changement comme un parcours simple ou magique. Il montre aussi que se (re)connecter à soi-même, évoluer ou assumer pleinement qui l’on est peut aussi entrainer de profonds bouleversements et modifier totalement l’équilibre relationnel autour de nous.
Le personnage d’Einar incarne cette perte avec beaucoup d’émotion. Parce qu’il ose enfin vivre en accord avec son identité profonde, il se retrouve confronté à l’incompréhension et à l’éloignement de son fils.
Le film rappelle ainsi une réalité importante : évoluer peut déranger. Et le changement implique des deuils à réaliser. Quand une personne évolue, c’est tout son univers qui peut aussi évoluer.
- Certaines relations peuvent se fragiliser, s’éloigner parce qu’elles ne reconnaissent plus la nouvelle version de nous, celle qu’elles connaissaient précédemment.
- Ou alors, c’est nous qui ne retrouvons plus de sens à ces anciens liens dans la nouvelle voie que l’on emprunte, plus juste par rapport à qui l’ont devient.
Il devient alors nécessaire de faire le deuil de certains équilibres anciens. Cette étape est difficile, mais elle est nécessaire dans un processus de transition personnelle ou professionnelle.
Car, c’est aussi ce qui permet progressivement de construire une vie plus alignée avec ses valeurs, ses besoins et son identité profonde.
La redécouverte de soi passe aussi par la joie, le corps et le mouvement
Ce que ce film montre magnifiquement aussi, c’est que la transformation personnelle ne passe pas uniquement par la réflexion intellectuelle. Elle passe aussi par le vivant :
- la reconnaissance de son corps et de ses besoins,
- les émotions, la peur, la joie, la tristesse, …
- le plaisir,
- la spontanéité,
- la créativité,
- le mouvement.
Oser être pleinement vivant. Ressentir, rire, danser…
Savoir vivre des moments simples… et pourtant profondément réparateurs.
La transition n’est pas uniquement un cheminement responsable, qui appellerait à devoir être efficace et solide. Vivre pleinement une transition, c’est avant tout se reconnecter à ses envies profondes, retrouver le lien vers une joie spontanée, révélatrice.
C’est en retrouvant cela que l’on amorce un chemin de (re)construction.
Redécouvrir son identité loin de son pays d’origine
Le film évoque également une expérience que connaissent de nombreux expatriés : parfois, c’est loin de chez soi que l’on redécouvre certaines parts de son identité.
Quand on vit à l’étranger, on porte souvent un regard différent sur sa culture d’origine. Certaines habitudes prennent soudain de la valeur. Certaines sensibilités réapparaissent. On comprend mieux ce qui nous constitue profondément.
Beaucoup d’expatriés parlent de cette sensation paradoxale : se sentir parfois plus français à l’étranger qu’en France. Comme si la distance permettait une forme de reconnexion à soi-même.
« Qui regarde à l’extérieur rêve. Qui regarde à l’intérieur s’éveille. » – Carl Gustav Jung
Le coaching comme espace de transition et de réalignement
Les périodes de transition soulèvent souvent de nombreuses questions :
- Qui suis-je aujourd’hui ?
- Qu’est-ce que je veux vraiment ?
- Quelle place ai-je envie d’occuper désormais ?
- Qu’est-ce qui a encore du sens pour moi ?
- Comment retrouver un équilibre plus juste ?
- Comment avancer malgré mes peurs et mes incertitudes ?
Il est très difficile parfois de trouver des réponses et une direction vers laquelle aller, qui résonne vraiment avec qui l’on est. Le coaching offre un espace pour explorer ces questions en profondeur, avec bienveillance et sans jugement.
Dans mes accompagnements, j’aide les personnes en transition personnelle, professionnelle ou en expatriation à :
- mieux comprendre ce qu’elles vivent,
- identifier leurs aspirations profondes et sortir de certains conditionnements,
- sortir de certains conditionnements,
- retrouver de la clarté pour reconstruire un projet de vie plus aligné,
- et avancer à leur rythme.
Selon les besoins de chacun, j’utilise différents outils comme l’ikigai, le travail sur les valeurs, les forces, les motivations profondes ou les transitions identitaires liées à l’expatriation.
Parce qu’au fond, la vraie question n’est pas seulement « Que vais-je faire maintenant ?« , mais plutôt : « Comment puis-je enfin construire une vie qui me ressemble davantage ? « .
Et si ce n’était pas trop tard ?
C’est peut-être le message le plus touchant de ce film. Il n’est jamais trop tard :
- pour se retrouver,
- pour changer certaines choses,
- pour redonner du sens à sa vie,
- pour se reconnecter à soi,
- pour oser davantage,
- pour vivre plus librement,
- et pour redevenir pleinement vivant.
Même après des années à s’être adapté(e). Même après des choix que l’on pensait définitifs. Parfois, il suffit d’un déclic, d’une rencontre, d’un départ… ou même d’un film, pour commencer à entendre à nouveau cette petite voix intérieure longtemps mise en sourdine.
Et peut-être que cette voix mérite enfin d’être écoutée.

